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Body positivism : représenter la diversité des corps dans tous les media

Faire appel à des mannequins seniors pour une marque de maquillage, dévoiler ses vergetures sur Instagram ou encore faire entendre la voix des personnes en surpoids, le body positivism investit toute notre société et entend bien chambouler l’idée qu’on se fait de la beauté.

L’histoire du mouvement body positive

Accepter, représenter et apprécier tous les corps n’est pas nouveau. Dès l’époque victorienne, des mouvements fleurissent en Grande-Bretagne et militent contre les injonctions à la taille fine, qui poussent les femmes à se comprimer dans des corsets serrés et néfastes pour la santé musculaire et osseuse. Dans les années 1970, le même phénomène se produit : les mouvements féministes, entre autres, réclament le droit à une représentation de la diversité des corps, notamment des corps racisés. Il faudra toutefois attendre 1996 pour que le terme “body positive”, littéralement “positivité du corps”, soit utilisé dans le cadre de la lutte contre l’anorexie et le règne de la maigreur, qui sévit dans les media.
Pour beaucoup, le mouvement s’inscrit dans la droite lignée des luttes pour les droits des femmes, car les corps des femmes subissent de plein fouet les diktats d’une mode impossible à suivre : peau lisse, tendue, imberbe, minceur, cheveux longs, maquillage… Mais les hommes connaissent aussi ces injonctions, dans une moindre mesure : être musclé, mince, s’inscrire dans les codes virilistes en vogue…

Accepter et représenter tous les corps

On résume souvent le body positivism comme un mouvement qui appelle à trouver de la beauté dans tous les corps. Cela n’est pas tout à fait exact : les militants body positive sont conscients que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mais ils dénoncent de nombreux travers causés par la surreprésentation de corps archétypés : anorexie, pratique excessive du sport ou de la musculation, recours à la chirurgie esthétique… Tout ça pour atteindre un idéal qui ne fait qu’évoluer au fil des années, en générant toujours plus de complexes.
Le body positivism a vocation à célébrer et encourager la représentation de tous les corps : les gros, les maigres, les racisés, les marqués, les grands, les petits… Pour mieux comprendre les enjeux de ces activistes, il suffit d’observer le paysage médiatique. Combien de comédies romantiques avec une actrice principale en surpoids ont été tournées ? Combien d’hommes en surpoids voit-on dans les films d’action ? Combien de mannequins seniors sont mis en avant dans la publicité ou les magazines ? Combien de personnes en situation de handicap sont représentées dans les media ?
Heureusement, un peu de chemin a été fait ces dernières années : certaines marques de vêtements font appel à des mannequins grande taille, de nouveaux films mettent en avant des acteurs et actrices racisés… Cette représentation est non seulement essentielle pour les principaux intéressés, afin de prévenir des complexes qui n’ont pas lieu d’être, mais permettant aussi de sensibiliser le grand public aux discriminations que subissent les minorités.

Les seniors, acteurs essentiels du body positivism

Passé 60 ans, le manque de représentation des corps âgés se fait de plus en plus criant. Aucun senior en couverture d’un magazine de mode (même si celui-ci est destiné à un public âgé), les sites de vente en ligne de vêtements ne mettent en avant que des modèles très jeunes. Quant aux films qui font appel à des acteurs seniors pour leurs rôles principaux, ils ne représentent que 5% de la production cinématographique.
Certains pourraient rétorquer que la vieillesse effraie et dérange, voire dégoûte. Mais ne pourrait-elle pas nous inspirer ? La popularité de certains acteurs comme Pierre Richard ou Catherine Deneuve, surtout auprès des plus jeunes, devrait pousser les media à mettre en avant plus de personnalités seniors, à leur donner la place qu’elles méritent. Oui, il y a des mannequins, des acteurs, des artistes, des auteurs de plus de soixante ans, qui peinent à faire entendre leur voix, à être reconnus par leur profession, parce qu’ils sont considérés comme “trop vieux”. Ce phénomène a un nom : l’âgisme, qui englobe toutes les formes de discriminations liées à l’âge, en particulier à l’avancée en âge.

Petit lexique du body positivism

Fat-shaming : discriminations liées au poids ou au surpoids (avéré ou supposé)
Skinny-shaming : discriminations liées à la maigreur ou à un poids considéré comme trop faible
Validisme : discriminations liées au handicap, manque de représentation des personnes non valides et en situation de handicap